Quand on a 40 ans, on se fait plaisir !

Il y a quelques mois pour mes 40 ans j’ai décidé de me faire plaisir et je me suis payé un nouveau tatouage. Je l’avais prévu depuis pas mal de temps, ce qui m’a permis de me constituer une petite cagnotte et de trouver un joli modèle. Je voulais un tatouage du genre polynésien et lors d’un voyage au Québec, j’ai pu visiter un musée très intéressant sur les peuples amérindiens qui peuplent encore de nos jours le Canada et j’ai découvert une culture vraiment très intéressante. Ils ont des motifs de décoration vraiment superbes, j’en suis littéralement tombé amoureux, j’ai vite vu le potentiel de tatouage que cela pouvait avoir.

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L’homme Robespierre : Histoire d’une solitude

l-homme-robespierre---histoire-d-une-solitude-33896-250-400Je viens de finir un nouvelle biographie, L’homme Robespierre : Histoire d’une solitude de Max Gallo aux éditions Tempus. Cette bio est un portrait psycho-historique de Maximilien de Robespierre (1758-1794) et d’entrée je dis que c’est là que cela ne va pas. Comment une personne peut faire un portrait psychologique d’une personne qu’il n’a jamais rencontré, à fortiori lorsque celle çi est décédée il y a plus de 200 ans, pour moi cela tient obligatoirement de la pure spéculation voir pire de la psychologie de comptoir, psychiatre et historien sont bien 2 métiers différents même quand on est de l’académie française. Certes au travers d’écrits, d’actions et de témoignages, on peut tirer un fil conducteur mais malheureusement l’auteur va très nettement plus loin car il nous livre une véritable psychothérapie de Robespierre et tire ses propres conclusions d’ « historien-psy ».

Et c’est très dommage car Max Gallo a un talent certain pour l’écriture, il sait prendre son lecteur par la main et l’amène là où il veut. Ce livre nous raconte donc l’histoire de ce grand révolutionnaire que fut Robespierre, de sa naissance à Arras, de son enfance orpheline, de ses études brillantes à sa carrière d’avocat puis son arrivée à Paris avec la Révolution et la montée en puissance de ses idées et de son pouvoir jusqu’à la chute. L’auteur nous dépeint un homme complexé, voulant prendre une revanche sur la vie, un homme ayant une haute opinion de lui même mais aussi un homme qui a toujours refusé (selon l’auteur) de s’inscrire dans la réalité. Robespierre n’était pas un homme de la rue, il n’était pas un homme à faire le coup de force, il était l’exacte opposé de Danton mais c’est justement cela qui le rend unique, cette aptitude à l’utopie, il n’était pas un fervent rousseauiste pour rien.

Malheureusement il ne suivit pas les avis de Danton sur la modération, il resta intransigeant et cela lui couta la vie. Robespierre fut donc le brillant avocat du petit peuple, il essaya toujours de soulager la misère, plus par idéologie que par humanisme, c’est d’ailleurs à mon avis la raison pour laquelle il a échoué, comme échoueront les tentatives futures. Max Gallo nous dépeint Robespierre comme un homme déconnecté de la réalité sociale du peuple, comme un homme suicidaire même, aveuglé par la vertu (on en aurait bien besoin de nos jours…), pour ma part, j’ai trouvé cela parfois un peu caricatural. L’auteur ne laisse pas de place aux lecteurs pour se faire sa propre opinion et cela m’a dérangé, j’aurais aimé qu’il y ait plus de pièces versées au dossier et moins de blabla psy, c’est donc un livre que je ne recommande pas, dommage.

Le conquérant du monde, vie de Gengis-Khan

gengisJe viens de finir un biographie un peu spéciale, Le conquérant du monde, vie de Gengis-Khan, de René Grousset aux éditions Albin Michel. Pourquoi spéciale car on est loin des standards d’aujourd’hui, plutôt distancié, très scientifique, içi l’auteur, historien et membre de l’académie française, nous livre un conte, non une fable mais un conte. On est assis autour du feu au milieu de la steppe mongole comme dans la tradition orale et René Grousset nous raconte l’histoire de celui qui fut le conquérant du monde, Temudjin qui deviendra Gengis Khan (1162?-1227).

Temudjin est de noble ascendance, mais à la mort de son père, qui n’est que chef de tribu, il se retrouve exclu du clan avec sa famille et vivra comme il peut, il sera capturer quelques temps, s’enfuira et finira par se venger de tous ses ennemis et deviendra petit à petit un chef respecté puis après s’être mis au service de différents Khan, il sera lui même élu Khan en 1206 et unira enfin les tribus mongoles puis son expansion ne s’arrêtera plus. Gengis khan va conquérir un territoire immense, de la Mandchourie à la mer Caspienne, du sud sibérien à la frontière tibétaine (avec des incursions dans la Russie européenne et l’Ukraine), sans parler de ses successeurs qui vont plus que doubler l’empire puisque les Mongols posséderont l’empire continu le plus vaste que la terre ait porté, de la Corée à la frontière polonaise et du sud sibérien au Pakistan.

Il fut un homme impitoyable, un grand militaire, fin politique, le fléau d’Allah, il massacra et pilla énormément mais je crois qu’il est plus que cela, il fut également un homme d’honneur, droit, il fut aussi un homme qui comprit que toutes les civilisations qu’il conquit avaient beaucoup à apporter aux mongols, peuple nomade et peu lettré. L’auteur nous conte donc l’histoire de Temudjin, ses conquêtes mais aussi sa personne privée, ses aventures, ses rencontres avec ses amis, c’est un récit très vivant comme on n’en fait plus aujourd’hui (la première publication date de 1944), on sent que l’auteur aime son sujet.

C’est donc un livre que je vous recommande même si on est loin de l’esprit d’analyse des biographies d’aujourd’hui, certains pourraient la trouver incomplète et c’est sans aucun doute vrai mais on se laisse vite emporter par le talent de René Grousset.

Les Vacances du petit Nicolas

Hier soir, nous sommes allés voir Les Vacances du petit Nicolas au ciné et je dois dire que c’était plaisant. Ce n’est pas le film du siècle, mais on passe un bon moment même si je pense qu’ils auraient pu mieux travailler l’histoire, notamment les quiproquos. Je l’ai trouvé moins bien que le premier opus mais on suit ces aventures avec plaisirs.

Joukov

PHO9777cb08-1ed3-11e3-8620-6c760683b911-300x470Je viens de finir une nouvelle biographie, « Joukov, l’homme qui a vaincu Hitler » de Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri aux éditions Perrin. Comme son nom l’indique il s’agit bien d’une bio de Gueorgui Konstantinovich Joukov (1896-1974), le plus grand maréchal d’URSS et surement l’un des plus grands capitaines du XXème siècle. Il est donc né en 1896 à une centaine de kilomètres de Moscou dans un milieu très modeste (moujik), il fait très peu d’études, à peine 3 années de primaire mais devient fourreur après un apprentissage, très tot il s’engage dans l’armée du Tsar durant la première mondiale et devient cavalier, il se battra sur le front oriental et devient vite sous officier.

La révolution d’octobre arrive et sans être trop convaincu, il y voit l’opportunité dune ascension sociale. Il s’engage donc dans la révolution et la guerre civile du coté rouge et va peu à peu montrer tout le courage et le talent dont il est capable. Les années 20 constituent une période charnière dans sa vie, il va les passer non seulement à monter en grade mais aussi et surtout à se cultiver, il va lire, lire et lire, à peu près tout types d’ouvrage mais surtout ceux concernant l’art militaire et par le plus grand des hasards, il va se trouver confronter aux plus grands théoriciens de l’armée rouge, il va découvrir le nouvel art soviétique de la guerre, l’art opératif. Il passera la majeur partie des années 30 à se perfectionner aux cotés de Frounze, Chapochnikov, Toukhatchevski, Triandafillov jusqu’a ce que Staline lui offre la possibilité de montrer ses preuves en Mongolie après l’invasion japonaise, il écrase les japonais et efface la honte de 1905. Tous ces maitres et ses amis disparaissent dans les purges stalinienne qui éliminent les 3/4 des officiers et 95% des officiers généraux.

L’armée rouge est décapitée et Staline le nomme chef d’état-major général en 1941, il portera donc une part de responsabilité dans la déroute de l’armée rouge en 1941 car il n’aura pas le temps de former et refondre l’armée rouge, de plus ce travail bureaucratique ne lui correspond pas vraiment alors. Staline va faire de lui une sorte de pompiers et surtout son adjoint. On doit à Joukov non seulement l’arrêt de l’offensive allemande sur Moscou où il organise une résistance hors du commun compte tenu des moyens, mais surtout une contre offensive qui libère la capitale de l’emprise nazie, il organise également la défense de Léningrad mais aussi celle de Stalingrad, plus tard c’est encore lui qui dirigera la principale offensive sur l’Oder et sur Berlin, c’est encore lui et ses armées qui prendront Berlin, le Reichstag et la chancellerie.

Il fut un homme intelligent, entêté, orgueilleux, mais un chef militaire remarquable qui magna ses hommes avec une férocité inouïe, il ne supportait pas l’indiscipline et en fit fusiller plusieurs centaines mais au final il acquit une grande renommée comme chef de guerre. Il devint également ministre de la défense et après sa disgrâce il finit sa vie ostraciser par le régime. Il fut un travailleur infatigable, un homme honnête au franc parler légendaire qui ne dénonça personne et surtout un homme de devoir hors du commun, un amoureux de la Russie, un homme qui ne buvait pas et ne fumait pas non plus, un double exploit à l’époque, même s’il fut un coureur de jupon. Il participa avec beaucoup de volonté à la déstalinisation mais admira toute sa vie Staline, il était très droit mais en même temps il ne réussit pas à stopper le viol des allemandes lors de l’invasion et l’occupation russe (près de 2 millions de femmes furent violées).

Ce livre nous parle aussi de l’armée rouge et de la Russie que les auteurs nous montrent très fragile lors de l’invasion allemande et paranoïa lors de la victoire russe, la peur du bonapartisme. C’est donc un ouvrage très intéressant qui nous montre une image totalement nouvelle en occident de l’armée rouge de l’époque et remet dans la contexte la deuxième guerre mondiale en déplaçant son centre de gravité vers l’est. On l’ignore en général mais l’offensive principale contre l’Allemagne n’a pas été le débarquement en Normandie, mais le front Russe, durant toute la guerre l’URSS perdit plus de 26 millions de personnes, soit 40% des pertes totales, c’est à dire, environ 15 millions de civils et 11 millions de militaires alors que de leur coté les américains ont perdu (front européen et pacifique confondus) à peu près 420000 hommes, je crois que tout est dit. Le grand vainqueur de la l’Allemagne nazie est la Russie avec son plus grand capitaine Joukov, d’ailleurs Hitler ne s’y était pas trompé, la plus grosse partie de l’armée allemande et avec elle ses meilleurs troupes étaient à l’est.

Ce livre retrace l’histoire d’un moujik devenu maréchal de l’URSS bardés de médailles digne de figurer aux cotés de Souvorov et de Kouznetsov, un livre à lire donc, c’est passionnant.

Le conte de la princesse Kaguya

Cet après midi, nous sommes allés voir Le conte de la princesse Kaguya au ciné et je dois dire que j’ai bien aimé. Ce n’est pas l’anime de l’année, mais cela se suit avec beaucoup de plaisir même s’il y a quelques longueurs et que j’ai eu du mal à tirer un enseignement à ce conte si ce n’est un certain retour vers une nature idyllique. Par contre, la BO est absolument magnifique et le dessin est superbe, tout en finesse, presque en esquisse parfois, vraiment sublime, rien que pour cela il faut le voir.