C’est la première fois que je lisais une biographie sur Alexandre le Grand (356-323 av.J-C), je connaissais bien entendu le personnage, qui ne le connait pas, mais je fus surpris de son coté moderne et révolutionnaire. Alexandre fut l’élève d’Aristote et je pense que cela a beaucoup influencé sa vie, il fût non seulement un conquérant hors pair, quel génie tout de même pour avoir conquis un tel empire qui s’étendait de la Macédoine à l’Inde et de l’Egypte à l’Ouzbékistan, mais aussi un visionnaire car son projet d’empire fut humaniste. De l’idée de cité grecque de l’époque il pensa empire et de divers peuples et peuplades, il pensa peuple unique où tous seraient traités pareil, vaincus comme vainqueurs. Cela parait aller de soi aujourd’hui et encore je n’en suis pas du tout sur, mais pour l’époque cette vision fut révolutionnaire. Comme Montaigne l’a résumé : «dans une demi-vie, il avait atteint tout l’effort de l’humaine nature.»
Ce n’était donc pas qu’un conquérant, en plus d’un visionnaire, il ouvrit les esprits de l’époque, il conquit des terres qui jusque là n’étaient que mythiques, il ouvrit des routes commerciales encore inconnues et confronta l’occident et l’orient en essayant de mélanger les cultures et les coutumes sans imposer ou heurter les vaincus bien qu’il pensa toujours je pense que la culture hellénique était supérieur, mais il respecta les coutumes des vaincus au grand damne de ses amis. Il sortit l’Europe du bassin méditerranéen et l’ouvrit plus sur l’orient. Non ce ne fut pas un dieu, mais bel et bien un homme, un homme qui se montra souvent implacable avec ses ennemies et fit preuve parfois d’une grand sauvagerie, à cela on peut surement ajouter un égo surdimensionné, mais n’est ce pas cela qui le fit toujours avancer plus loin. En lisant ce livre je ne puis m’empêcher de penser à Bonaparte, grand chef militaire, administrateur hors pair et amoureux de ses soldats, oui il me fit beaucoup penser à lui.
Alors le livre en lui même, je dois dire que j’ai été assez déçu, je trouve que l’auteur manque de souffle et est parfois un peu trop parti pris dans ses commentaires, c’est dommage je trouve. J’ai trouvé l’écriture assez banale mais par contre Joël Schmidt nous montre très bien l’évolution d’Alexandre de son accession au trone à sa mort. Je n’ai pas non plus aimé le fait qu’il ne traite pas l’homosexualité ou bisexualité d’Alexandre ou la passe quasi sous silence alors qu’il l’évoque comme une sorte de circonstance aggravante lors du complot des pages ou lors d’autre fait, non je n’ai pas aimé, oui Alexandre a baisé avec des hommes (il le sous-entend avec un eunuque) et oui Alexandre a aimé passionnément un homme, Héphestion, qu’il pleura comme un amour et non comme un ami, je ne comprend pas que l’on passe ça sous silence comme si cela allait rabaisser l’homme, mais sans doute est ce du à l’âge de l’auteur.
Alexandre le Grand, quel homme, quelle épopée !!!