Je viens de finir de lire un livre de François-Emmanuel Brézet, “Dönitz, le dernier Führer” aux éditions Perrin. Je pense que peu de gens connaissent Karl Dönitz (1891-1980), il fut pourtant le successeur d’Hitler en tant que président du reich. Il fut élevé dans une famille de tradition prussienne par un père ingénieur, il s’engagea d’ailleurs dans la marine impérial dès son bac en poche et il ne devait jamais la quitter. Il effectue une carrière assez brillante durant la première guerre mondiale, d’abord sur un bateau de guerre puis ensuite dans les sous marins, avec lesquels il se distinguera.
Après la défaite de 18, il restera dans la marine et s’efforcera de faire reconnaitre l’utilité d’une très grande flotte sous marine. Au début des années 30, grâce à ses amitiés dans la marine, il se rapproche de l’état major de la marine puis devint commandant en chef des sous marins, il fut l’instigateur de la guerre au tonnage contre les bateaux ravitaillant l’Angleterre et de toute la stratégie des sous marins, notamment dans l’atlantique nord. Puis en 1943 il est nommé grand amiral et prend le commandement en chef de la marine allemande. Son commandement fut couronné de nombreux échecs, notamment sur sa guerre au tonnage.
Comme son idole Hitler, il s’illusionna et fut un nazi fanatique jusqu’au-boutiste, chose qu’il n’était pourtant pas au départ. Il fut jusqu’au bout dans les pas de son Führer et ne le renia jamais véritablement, pas plus d’ailleurs que l’idéal national socialiste. Sur les instructions posthumes d’Hitler il devint son successeur au poste de président du reich, c’est lui qui conclu la paix avec les alliés au titre de chef de l’état. Son mandat dura 23 jours avant d’être arrêté par les alliés et condamné pour crimes de guerre à 10 ans de prison. Une fois sorti de prison, il ne fit plus de politique et la marine ne fit plus appel à lui même s’il garda une bonne aura auprès des anciens sous mariniers.
Dönitz est pour moi l’exemple même du soldat capable et intelligent mais pour qui un ordre est un ordre peu importe cet ordre, ils furent nombreux comme lui, sans compter son antisémitisme mais je pense que sa plus grande faute fut de se politiser et par là même d’oublier son devoir envers l’Allemagne qui devait passer bien avant son serment envers Hitler, ce qui le conduisit, à l’instar d’Hitler, à commettre des erreurs stratégiques qui causèrent la mort de centaines de milliers de personnes inutilement, même si une fois au pouvoir il essaya de sauver la maximum d’allemands, cela fut fait beaucoup trop tard.
Sinon que dire de l’auteur, ben j’aime bien son écriture, elle est fluide et lisible, quand au livre il ne s’agit pas seulement d’une bio sur Dönitz mais aussi et trop parfois, d’un livre sur la guerre sous marine. Le propos est intéressant mais je trouve que cela se fait au détriment de la bio où finalement l’on n’entre que très peu dans la vie personnelle et intime de Dönitz, c’est dommage mais cela reste un très bon livre que je conseille.


