T’as de la colle ?

Comme je l’avais prévu il y a longtemps déjà, comme je n’avais cessé de nous mettre en garde contre un tel fait, notre amitié c’est peu à peu fissurée et elle était en train de mourir de sa “belle” mort. Il lui a pris l’envie de recoller les morceaux, pourquoi ? c’est assez nébuleux, peut être avait il besoin de quelqu’un qui soit là tout simplement, je ne sais pas. En toute logique j’aurais du mettre fin à notre amitié, tant je fus blessé et tant il a bafoué toutes ses promesses et mes valeurs, j’avoue que j’ai été faible, je n’ai pas pu rompre, le souvenir de ses yeux m’en a empêché, sans compter mes sentiments. Pourtant il a tellement changé que je ne le reconnais plus.

Nous voilà donc en train d’essayer de recoller notre amitié, il a l’air d’y croire vraiment, il parait en avoir envie, mais je ne suis pas sur qu’il fasse les efforts nécessaire pour, j’ai beaucoup de mal à lui faire confiance, mais je veux y croire, oui je veux y croire, même si mon instinct me dit qu’il va échouer aux tests. Il veut que notre amitié redevienne comme avant, mais c’était quoi avant ? Moi qui parle, me confie et lui qui joue de la guitare en me lisant de manière distraite ? Je ne veux pas de cet avant là, je veux l’avant de cet avant là. Je veux essayer, non pas d’être comme avant, mais de renouer avec la complicité que nous avions autrefois. Si nous n’y arrivons pas, alors j’y mettrais fin, brutalement ou lentement mais j’y mettrais fin. Je croise les doigts et tout ce qui peut se croiser.

Ne le prend pas mal

“Collant”, je pense que tout est dit, que tout tient dans ce seul petit mot anodin, “collant”. En un seul mot, tout un univers qui s’écroule, tout un mur d’hypocrisie qui se dresse, 4 ans d’une relation que j’ai cru sincère où je me suis cru apprécié à ma juste valeur, où j’ai cru naïvement sans doute être extrêmement proche d’une personne au point de lui ouvrir mon âme et d’en faire mon propre frère, où j’ai cru en l’éternité d’une sorte de symbiose fraternelle.

Qu’ai je fait de mal, qu’ai je fait de travers, qu’ai je fait pour être traité si rudement, pour être ainsi repoussé ? “T’es un peu collant, alors que j’ai besoin de respirer”, que d’hypocrisie dans cette phrase, combien de fois a t il du penser : ” qu’est ce qu’il est collant, non encore lui, c’est pas vrai, va t il me lâcher un jour ?…” et puis dit : “je suis content de te voir…”, combien de fois en 4 ans ? Pourquoi m’a t il laissé aller aussi loin ? S’est il rendu compte de ce qu’il me disait et de l’impact irrémédiable que cela aurait sur moi, des ravages que cela causerait sur mon coeur ? S’est il rendu compte de l’hypocrisie de sa redéfinition unilatérale de notre relation ?

J’avais bien vu, bien senti que des lézardes apparaissaient parfois, mais je ne me serais jamais douté de “ça”, quel aveugle je fais ! Le laisser respirer, le laisser daigner se dévoiler, comme si au bout de 4 ans, il ne s’était pas déjà dévoilé, comme si au bout de 4 ans, je ne le connaissais pas, comme si au bout de 4 ans, il devait se protéger de moi, comme si justement un ami, que dis je un frère, n’était pas une bouffée d’oxygène suffisante pour pouvoir respirer, n’est ce pas l’un des avantages d’une telle relation ? Je le croyais, je croyais à la sincérité de notre relation, on me dit que les choses changent, on me dit que rien n’est changé, que cela évolue. Comment a t il pu passer d’une grande complicité à l’indifférence la plus totale, une relation n’est elle pas censée lier les gens, une amitié fraternelle peut elle n’être qu’un mur où le propriétaire de la maison appose parfois des affiches, sans jamais laisser entrer quiconque dans sa demeure, est ce possible ?

Pour moi, cela n’est possible que dans une amitié faible ou de service, car oui, ce système où aucun des 2 ne s’intéressent vraiment à la vie de l’autre, ne peut être voué qu’à l’échec ou à une amitié superficielle ou de service, est ce donc cela la véritable amitié, la fraternité, le service ? Quelle insulte se serait, cela n’est pas ma conception d’une relation qui s’est toujours voulue fraternelle, sans doute est il trop immature pour apprécier une telle relation ou au final n’en veut il tout simplement pas ?

Certains diront que je fais des montagnes de pas grand chose, oui peut être, mais ceux là ne sont ils pas plus pessimiste que je ne le suis déjà ? Beaucoup de bruit et de fureur pour rien, mais ce rien fut important pour moi, je ne suis pas seulement un visage impassible, non. Le temps guérit tous les maux parait il.

Les passants

Pas mal de doutes existentiels en ce moment et sur beaucoup de choses, sur moi, ma vie, mon travail, mes amis, la vie de tout les jours, la vie en générale… Je crois que j’ai définitivement compris que rien ne dure vraiment, ni les gens, ni leurs sentiments et que je suis le seul à avoir les valeurs que j’ai. Je me suis depuis l’enfance toujours efforcé de rechercher l’ami idéal, je me souviens même de tous les prénoms des candidats, le premier fut clément, nous étions en CE1, je l’ai connu en lui cassant la gueule car il se moquait de mon bégaiement, puis par je ne sais quel miracle nous sommes devenus amis, je crois que nos différences nous ont rapproché, j’étais bègue et lui obèse, cela a duré le temps de l’année scolaire malheureusement. Puis après vint yannis, on habitait le même quartier, on a été tellement proche que c’est lui qui m’a initié aux joies du sexe, mais il a finalement déménagé, puis vint frédéric, le beau footeux métis qui m’a fait découvrir la musique classique, on était assez semblable, réservé, ne disant que peu de mots et je crois bien que cela ne lui aurait pas déplu d’explorer certaines choses, à moi aussi d’ailleurs, mais il est parti étudié ailleurs… Après se fut trinh, ami de frédéric, personne anxieuse au possible mais tres sympathique, on était 2 pauvres types qui ne connaissaient personne à notre arrivée en seconde, cela nous a rapproché, mais la scolarité nous a separé et se fut l’arrivée de stéphane, avec lui j’ai enfin connu ce que je considérais comme l’ami idéal, il m’a beaucoup fait évoluer, j’ai beaucoup changé et appris à son contact mais il m’a finalement abandonné au pire moment de ma vie …. Je suis resté très très longtemps sans meilleur ami et sans véritables amis d’ailleurs. Puis finalement, j’ai eu mon rayon de soleil, tellement éblouissant…

Tous cela pour dire que depuis que je suis enfant j’ai toujours cherché l’ami idéal, et j’ai eu beau réfléchir je n’ai jamais trouvé la raison pour laquelle j’ai tant cherché et surtout tant espéré, cela reste un mystère pour moi. L’ami idéal est une chimère je pense, enfin j’entends par là le fait de partager véritablement les mêmes valeurs et le même sens des mots, je suis sans doute trop dans l’idéal, trop dans le parfait, trop dans l’illusion et j’avoue que cela m’a toujours fait souffrir et cela continue même parfois, pourquoi mais pourquoi donc ai je besoin de cet idéal ? Et pourquoi l’amitié tient elle une si grande place chez moi ? Pourquoi j’en souffre autant ? Mais l’important c’est de savourer les amis que l’on a et de chérir les gens que l’on aime, la perfection n’est pas de ce monde de toute manière  et la perfection n’est elle pas ennuyeuse ? Autant de questions que je me pose et rien que sur l’amitié en plus, je vous laisse imaginer les tonnes de questions que j’ai sur les autres sujets.

En effet j’ai des millions de questions et je ne choisirais pas la facilité en croyant en une doctrine quelconque, je refuse d’abonner ma liberté et de me mettre aux “pret à penser”, non merci. Je continuerai de chercher les réponses car je pense sincèrement que c’est seulement de cette manière que l’homme peut évoluer.

Branlette intellectuelle

Il y en a qui vont encore ralés mais bon… En ce moment je réfléchis, oui encore et sur moi même en plus, on m’a dit que j’étais compliqué, c’est surement vrai pour réfléchir autant. Plein de choses me passent par la tête, je réfléchis sur pleins de choses, notamment mes relations avec les autres, notamment avec mes amis, mes parents, etc… Pour moi les mots ont un vrai sens, j’exprime assez mal mes sentiments envers les gens et quand je les exprime, surtout les bons, ils sont vrais, mais je me rends compte au final qu’il est difficile, voir impossible, de trouver une personne qui pense comme vous enfin du moins qui “réagit” comme soi. Il n’est pas facile pour moi de dire au départ qu’une personne est un ami, mais il est très difficile de “gravir” les échelons de l’amitié, pourquoi je ne saurais trop le dire en faite.

Les barrières s’abaissent au fur et à mesure, j’attends la réciprocité je pense, j’aimerais que les gens réagissent à ce que je fais, par exemple quand je publie une photo, avoir de leur part un commentaire, une discussion, que cela vienne d’eux, avoir ces petites attentions, mais bon, je crois que je ne garde pas assez de distance car je souffre de cette “non réciprocité”, non pas que je doute d’eux, non il ne s’agit pas de ça du tout, j’ai confiance en eux, ce n’est pas leur faute après tout. Au final je crois que pour moi l’amitié doit être l’abaissement progressif des barrières que nous mettons tous plus ou moins consciemment et c’est là que le bas blesse, oui il s’agit de ma conception profonde, j’ai toujours vu mes très bons amis comme une sorte de famille, mais une que j’ai choisi et celle çi est très importante à mes yeux. Ma conception est sans doute quelque part vieillotte et enfantine.

Je pense qu’il faut que je change ma conception des rapports que je peux avoir avec eux, du moins avec certain, mais le problème est : en suis je capable ? et ça je ne le sais pas. Voici donc l’une des nombreuses réflexions que j’ai en ce moment, il est temps que je reprenne le boulot moi, ça cogite trop :-p . Vivrai je un spleen digitale tant il est vrai que je parle avec eux le plus souvent par le net ?

Protection

En lisant un billet de jarod sur les dangers d’être jeune et de devenir plus ou moins une salope, j’ai eu envie d’écrire celui çi. J’ai moi aussi connu les petites villes mais je n’étais pas le genre salope même si j’ai connu pas mal de lits, mais au final, j’ai fini par me sentir sali, le sexe était devenu trop banale pour être intéressant, la séduction me plaisait même plus. Il y a 10 ans j’ai connu un jeune mec pour qui je fus son premier mec et ce n’est que bien plus tard que j’ai compris que nous nous étions sauvé mutuellement, je l’ai sauvé des “prédateurs” qui l’auraient sans nul doute brisés à jamais et lui m’a sauvé des plans foireux, de cette tendresse éphémère. Il y a 2 ans et demi j’ai connu un autre jeune mec, très jeune, trop jeune peut être, je me demande encore si je ne l’ai pas sali quelque part et d’une certaine manière j’ai voulu le guider comme un grand frère aurait pu le faire, lui éviter les pièges, lui ouvrir les yeux sur certaines choses, lui éviter des chemins que je sais de traverse (et je ne parle pas de sexe), mais je me suis aperçu aussi que l’on ne peut pas aider les gens s’ils ne le veulent pas.

Aider les personnes, surtout les plus jeunes dans leur début de vie gay n’est vraiment pas une chose facile, on est tiraillé entre l’envie de le protéger, de les accompagner, de partager et l’envie qu’il fasse aussi ces propres expériences sans lui enlever toutes ces illusions et c’est souvent douloureux. J’ai appris que l’on ne pouvait qu’accompagner, s’il le désirait bien sur.

2 amis

Il était une fois Nitsuj et Divad, 2 petits garçons que le destin avait réuni par on ne sait quelle magie, nitsuj était un petit garçon affamé de reconnaissance et d’amour possédant de grands yeux pétillants, on aurait pu se perdre dans l’immensité de son regard, et rien ne le prédisposait à rencontrer divad, un garçon un peu plus grand, mais d’une solitude extrême au cœur hérissé de barricades. Le destin les fît se rencontrer alors que divad essayait de s’affranchir de ses barricades, nitsuj trouvât la faille et s’y engouffra avec avidité, il sentait sans doute que le cœur de divad et le sien pourrait être en harmonie et il avait raison, les 2 cœurs meurtris de divad et nitsuj se consolèrent pendant longtemps, tirant force et courage l’un de l’autre, deux frères n’eurent pas été plus proche.

Divad était fou de joie d’avoir pu trouver une âme sœur; lui parler, le voir était devenu pour lui une source de grande joie, il pouvait tout lui dire, il n’y avait plus de barricades, juste la liberté d’être soi, il avait enfin trouvé ce qu’il recherchait depuis si longtemps, un frère, son frère, il pensait sans doute naïvement que ni le temps, ni les revers du destin ne pourraient changer cela et il semblait en être de même pour nitsuj. Mais le destin en décida autrement, divad s’aperçut petit à petit que quelque chose n’allait pas et avec effroi il comprit qu’il n’était plus aussi proche, le destin les éloignait inexorablement.

Nitsuj essaya de rassurer divad, lui assurant qu’il se faisait des idées, mais divad possédait le talent ou plutôt la malédiction de deviner les failles et encore une fois il n’eut pas tord. Divad déploya alors des efforts considérables, pour un si petit garçon, à combattre le destin, il essaya tout ce qu’il put, divad provoqua sa colère, divad fît l’indifférent, divad demanda conseils, diva se jeta à ses pieds mais rien n’y fît. Divad n’avait plus accès au cœur de nitsuj, cette seule pensée suffit à lui briser le cœur, il en pleura des jours et des jours entiers, il fît peine à voir, et il érigea de nouveau des barricades, pourquoi ne le ferait il pas, nitsuj refusait obstinément de voir la souffrance de son frère, était ce de l’égoïsme ou de la souffrance de sa part, nul ne le sait, sauf nitsuj.

Alors le destin, devant la peine de divad, décida de donner un coup de pouce à ces deux cœurs meurtris, il les fît se rapprocher de nouveau et un court instant divad et nitsuj furent comme avant, un cœur de frères, ils en pleurèrent tous les deux, se consolant dans les bras l’un de l’autre et refaisant leurs vœux de fraternité éternelle. Mais lorsque divad voulut savoir pourquoi tout cela était arrivé, nitsuj referma son cœur encore une fois. Divad était totalement perdu, il ne comprenait plus rien, pourquoi ce chaud et ce froid, pourquoi nitsuj déchiquetait son petit cœur, pourquoi ? Divad essaya de le savoir mais il n’y réussit point, nitsuj savait se prémunir contre la malédiction, le cœur de divad continua de saigner sans cesse, pourquoi cette distance, ce tourment sorti du néant, pourquoi ne pas lui en faire part, n’étaient ils pas des frères, des âmes sœurs après tout ?

Divad se noya dans ses barricades, mais il décida qu’il serait là le jour où nitsuj déciderait de lui parler et qu’il attendrait même si cela ne devait jamais arriver car divad avait le cœur fidèle, il ne pouvait pas désaimer, cela lui était tout bonnement impossible, lui qui pensait encore chaque années aux anniversaires de ces amis disparus. Il serait là, à la porte du cœur de nitsuj, assis en attendant, en pleurant parfois, en souffrant souvent, mais là en essayant de ne pas le perdre. Alors si vous croisez un petit garçon assis devant une porte, ne le chassez pas, au contraire, caressez lui la joue avec un grand sourire, il se pourrait que ce soit divad.

Erosion

J’ai essayé de trouver un poème sur l’amitié, mais je n’en ai pas trouvé qui exprime mes idées. Je réfléchis très souvent sur ce sujet, car il est très important pour moi, aussi important que l’amour, oui je le sais je suis “bizarre”, mais j’y attache une très  (trop ?) grande importance. Je m’interroge sur les amitiés en générale ou plutôt sur le processus d’érosion de celle çi, cela se produit toujours de la même manière, on est proche, très proche, puis on finit par être des frères si tout se passe à la perfection, cela dure, puis un jour on s’aperçoit que cela n’est plus comme avant, qu’une distance s’est installée et qu’elle se creuse inexorablement, on a beau essayé de tout faire pour que cela revienne comme avant mais on n’y arrive pas, c’est comme si l’autre avait déjà tourné la page sans avoir eu l’honnêteté de vous le dire et finalement elle meurt comme abandonnée dans une maison de retraite.

Alors pourquoi est ce ainsi, pourquoi ? Qu’en pensez vous ? Racontez moi …