Il était une fois Nitsuj et Divad, 2 petits garçons que le destin avait réuni par on ne sait quelle magie, nitsuj était un petit garçon affamé de reconnaissance et d’amour possédant de grands yeux pétillants, on aurait pu se perdre dans l’immensité de son regard, et rien ne le prédisposait à rencontrer divad, un garçon un peu plus grand, mais d’une solitude extrême au cœur hérissé de barricades. Le destin les fît se rencontrer alors que divad essayait de s’affranchir de ses barricades, nitsuj trouvât la faille et s’y engouffra avec avidité, il sentait sans doute que le cœur de divad et le sien pourrait être en harmonie et il avait raison, les 2 cœurs meurtris de divad et nitsuj se consolèrent pendant longtemps, tirant force et courage l’un de l’autre, deux frères n’eurent pas été plus proche.
Divad était fou de joie d’avoir pu trouver une âme sœur; lui parler, le voir était devenu pour lui une source de grande joie, il pouvait tout lui dire, il n’y avait plus de barricades, juste la liberté d’être soi, il avait enfin trouvé ce qu’il recherchait depuis si longtemps, un frère, son frère, il pensait sans doute naïvement que ni le temps, ni les revers du destin ne pourraient changer cela et il semblait en être de même pour nitsuj. Mais le destin en décida autrement, divad s’aperçut petit à petit que quelque chose n’allait pas et avec effroi il comprit qu’il n’était plus aussi proche, le destin les éloignait inexorablement.
Nitsuj essaya de rassurer divad, lui assurant qu’il se faisait des idées, mais divad possédait le talent ou plutôt la malédiction de deviner les failles et encore une fois il n’eut pas tord. Divad déploya alors des efforts considérables, pour un si petit garçon, à combattre le destin, il essaya tout ce qu’il put, divad provoqua sa colère, divad fît l’indifférent, divad demanda conseils, diva se jeta à ses pieds mais rien n’y fît. Divad n’avait plus accès au cœur de nitsuj, cette seule pensée suffit à lui briser le cœur, il en pleura des jours et des jours entiers, il fît peine à voir, et il érigea de nouveau des barricades, pourquoi ne le ferait il pas, nitsuj refusait obstinément de voir la souffrance de son frère, était ce de l’égoïsme ou de la souffrance de sa part, nul ne le sait, sauf nitsuj.
Alors le destin, devant la peine de divad, décida de donner un coup de pouce à ces deux cœurs meurtris, il les fît se rapprocher de nouveau et un court instant divad et nitsuj furent comme avant, un cœur de frères, ils en pleurèrent tous les deux, se consolant dans les bras l’un de l’autre et refaisant leurs vœux de fraternité éternelle. Mais lorsque divad voulut savoir pourquoi tout cela était arrivé, nitsuj referma son cœur encore une fois. Divad était totalement perdu, il ne comprenait plus rien, pourquoi ce chaud et ce froid, pourquoi nitsuj déchiquetait son petit cœur, pourquoi ? Divad essaya de le savoir mais il n’y réussit point, nitsuj savait se prémunir contre la malédiction, le cœur de divad continua de saigner sans cesse, pourquoi cette distance, ce tourment sorti du néant, pourquoi ne pas lui en faire part, n’étaient ils pas des frères, des âmes sœurs après tout ?
Divad se noya dans ses barricades, mais il décida qu’il serait là le jour où nitsuj déciderait de lui parler et qu’il attendrait même si cela ne devait jamais arriver car divad avait le cœur fidèle, il ne pouvait pas désaimer, cela lui était tout bonnement impossible, lui qui pensait encore chaque années aux anniversaires de ces amis disparus. Il serait là, à la porte du cœur de nitsuj, assis en attendant, en pleurant parfois, en souffrant souvent, mais là en essayant de ne pas le perdre. Alors si vous croisez un petit garçon assis devant une porte, ne le chassez pas, au contraire, caressez lui la joue avec un grand sourire, il se pourrait que ce soit divad.