Ces derniers temps j’ai appris quelque chose d’important, c’est ce que j’appellerais la notion de couleur. Le premier dit rouge, le deuxième dit rouge, le troisième dit rouge, tout le monde pense donc rouge, non ? Eh bien non, c’est un même mot et pourtant se sont trois sens différents, trois couleurs différentes car qui sait à quel rouge ils pensent, cardinal, carmin, cramoisi, écarlate, vermillon, bordeaux, grenat, etc… Un même mot exprime donc des sensibilités différentes, vous me trouverez sans doute idiot de ne pas le savoir à mon âge, surement, mais à vrai dire je ne le savais qu’en théorie et je viens de l’apprendre en pratique sur une notion bien simple, celle de fatigue.
Nous avons tous été fatigué, absolument tous sans exception, mais comment quantifier la notion de fatigue ou d’épuisement, comment la faire comprendre, comment en mesurer son degré ? Eh bien on ne le peut pas, n’est ce pas étrange qu’une notion si commune soit si différente voir même étrangère à chacun de nous. Quand on nous parle de fatigue, inconsciemment nous quantifions la fatigue de l’autre à notre propre degré de fatigue, du moins à celui que nous avons déjà éprouvé, c’est en somme très subjectif et cela peut, à vrai dire, comme je l’ai découvert à mes dépends, entrainer une incompréhension totale.
Ne pouvons donc nous pas ressentir exactement ce que l’autre veut dire sans l’avoir éprouver nous même dans notre chair ? L’empathie serait elle une utopie ou aurait elle ses propres limites ? Sans doute est elle limitée, malheureusement. On a beau l’expliquer, l’amplifier, les gens refusent de remettre en cause leur barème, est ce ancré une bonne fois pour toute en nous ou manquons nous singulièrement d’imagination, ou sommes nous trop égoïstes les uns les autres ? Devons nous resté seul avec notre incompréhension lorsque les barèmes communs à l’ensemble du groupe sont dépassés ? Se serait tellement triste et pourtant…